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2 Corinthiens 1, 3 "Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toute notre tribulation, afin que, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler les autres en quelque tribulation que ce soit."

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Cathéchisme des croyants


Dieu se fait connaître et reconnaître


Les conditions du discipolat


mercredi 30 juillet 2014




Approches de Dieu


Dieu se révèle à travers des signes qui sollicitent notre intelligence, en même temps qu’ils respectent notre liberté. Car, dans le signe, il y a suffisamment de lumière pour que notre réponse soit raisonnable et justifiée, et suffisamment d’indétermination pour qu’elle ne soit pas le fait d’une contrainte. Cependant, les chemins qu’il propose pour se faire connaître, ou ceux que peuvent suivre les hommes pour le rejoindre, ne sont pas tous de même nature.


Deux approches sont à distinguer et à situer l’une par rapport à l’autre : celle qui est accessible à la raison, celle que représente la foi.


La raison de l’homme ouverte à Dieu


L’Église a sans cesse tenu à défendre l’affirmation de la bonté de la création. De la même manière, elle a souvent rappelé que "Dieu, principe et fin de tout, peut être connu de façon certaine à partir des choses créées, par la lumière naturelle de la raison humaine" (DV 6, citant Vatican I). Certes, la raison humaine peut être blessée et obscurcie par le péché. En effet, le manque d’amour pour Dieu et les hommes prive de lumière et affaiblit le regard. Pourtant cette même raison ne saurait être perdue à ce point que l’homme ne fût plus "capable de Dieu". Dans sa soif de vérité, de bonté, de beauté, il reste ouvert à Dieu.


Cela suppose, il est vrai, que l’on ne réduise pas la raison à sa capacité d’analyser les choses. Elle est habitée par un dynamisme qui lui permet de rejoindre l’intime des êtres et de s’intéresser à leur vérité dernière. Au-delà du souci de la vérité objective des phénomènes, la raison se rapporte à la véritable réalité de l’homme et de Dieu. "Depuis la création du monde, les hommes, avec leur intelligence, peuvent voir, à travers les oeuvres de Dieu, ce qui est invisible : sa puissance éternelle et sa divinité" (Rm 1,20).


Bien des démarches permettent en réalité de s’élever à une première connaissance véritable de Dieu, selon un itinéraire qui amène à reconnaître, dans la diversité des perfections créées, la trace du dynamisme créateur dont elles procèdent : qu’il s’agisse des richesses et des beautés du monde, ou de ce qui s’inscrit dans la liberté de l’homme (désir ou souci de perfection, d’infini, d’absolu, de communion vraie, de respect de l’autre, d’avenir de bonheur, de libération des hommes opprimés).


Multiples sont les "voies" qui s’ouvrent vers Dieu et qui, en purifiant le désir, permettent une démarche assurée. Saint Thomas d’Aquin en énumère cinq, qui s’appuient sur la considération du monde et conduisent à la Source première et universelle. D’autres démarches sont possibles : elles s’appuient sur l’expérience de la beauté, ou sur des exigences morales (comme celles de la justice ou de la pratique du bien). D’autres enfin, elles aussi spirituelles et concrètes, partent de l’expérience de l’amour, notamment de cet amour qui s’exprime dans le don.


Dieu connu par la foi


La connaissance de Dieu dont nous avons parlé jusqu’ici est dite "naturelle" ou "rationnelle" parce qu’alors la "raison humaine" se met en quête de Dieu. Cette connaissance peut être l’objet d’un échange entre hommes raisonnables, dans un dialogue où chacun est amené à donner ses raisons, avec l’intention de progresser ensemble dans la découverte de la vérité. Cette connaissance permet d’affirmer un certain nombre de propriétés ou d’attributs de Dieu : l’unicité, l’éternité, l’infinité, l’incompréhensibilité, la Perfection absolue... Ce que nous découvrons avec admiration dans le monde et dans l’humanité nous permet de nous faire une certaine idée de ces attributs de Dieu. "La grandeur et la beauté des créatures font, par analogie, découvrir leur Auteur" (Sg 13,5).


Le croyant, lui, atteste, à partir de sa foi, une connaissance acquise à travers un autre mouvement, inouï et libérateur. Par ce mouvement Dieu lui-même, s’approchant de l’homme, l’a surpris, est venu à sa rencontre, s’est fait reconnaître. Il a ainsi donné visage à ce qui n’était perçu que dans l’obscurité et comme à tâtons. "Il a plu à Dieu dans sa bonté et sa sagesse, de se révéler lui-même et de faire connaître le mystère de sa volonté : par le Christ, Verbe fait les hommes ont, dans le Saint-Esprit, accès auprès du Père, et deviennent participants de la nature divine. Ainsi, par cette révélation, provenant de l’immensité de sa charité, Dieu, qui est invisible, s’adresse aux hommes comme à des amis, et converse avec eux pour les inviter à entrer en communion avec lui et les recevoir en cette communion" (DV 2).


Il s’agit alors de la réponse de l’homme à Dieu par la foi et non plus d’un effort pour aller vers lui. Car c’est Dieu lui-même qui, prenant l’initiative, vient faire alliance avec les hommes, vient leur faire partager toujours davantage sa vie. La louange monte aux lèvres devant l’inconcevable : ce que Dieu désire communiquer, ce n’est rien moins que lui-même.


Cependant, démarches de l’homme en quête de Dieu et de Dieu en quête de l’homme se répondent, même si elles ne sont pas de même ordre. Alors même que l’homme ne cesse de poursuivre le bonheur et de chercher une vérité pour vivre, il reste insatisfait. A son attente, la Révélation que Dieu fait de lui-même répond de manière inespérée, déplaçant et ouvrant le désir de l’homme, afin d’entraîner celui-ci, pour un plus grand bonheur, au-delà de lui-même.


Jésus Christ, Parole de Dieu en plénitude


"Souvent, dans le passé, Dieu a parlé à nos pères par les prophètes sous des formes fragmentaires et variées : mais, dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes, il nous a parlé par ce Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes" (He 1,1-2).


Si différente qu’elle soit de tout ce qui serait prévisible, de tout ce que le coeur de l’homme aurait pu imaginer (cf 1Co 2,9), la Révélation s’inscrit au sein de l’histoire humaine. La Vérité même est livrée en acte et en personne. Dieu s’atteste dans sa Parole et ultimement dans sa Parole faite chair. L’Éternel fait irruption dans le temps. Le "mystère", c’est-à-dire, au sens premier du mot, le dessein de Dieu, enveloppé dans la création depuis l’origine, se déploie dans les phases successives d’une Alliance, illuminant toute chose d’une lumière toujours plus vive, jusqu’au dévoilement de la gloire même de Dieu "sur le visage du Christ" (2Co 4,6).


L’Ancien Testament témoigne de l’Alliance conclue avec le peuple d’Israël. Par son dynamisme le plus profond, celui-ci est orienté vers l’attente d’un sauveur. Cette attente s’accomplit en Jésus, reconnu justement comme Christ et Sauveur, Maître, Seigneur, Fils de Dieu venu en notre chair, mort et ressuscité pour nous.


La foi chrétienne est le libre accueil de cette initiative,divine (cf. DV 5). Elle se nourrit de la méditation sur l’oeuvre et la personne du Christ, mises en relation avec toute l’histoire biblique de création et d’alliance. Le Christ, non seulement accomplit l’attente, mais ouvre le temps des hommes au royaume de Dieu qui advient avec lui : "La profonde vérité que cette Révélation manifeste, sur Dieu et sur le salut de l’homme, resplendit pour nous dans le Christ, qui est à la fois le Médiateur et la plénitude de toute la.Révélation" (DV 2 cf. DV 4).


Croire, quand il s’agit de croire au Dieu de l’Alliance, a donc un contenu bien défini. C’est la réponse due à ce Dieu Autre que son amour conduit à envoyer son Fils pour qu’il soit l’un de nous, et qui fonde solidement notre avenir en se liant à nous à la vie et à la mort. La réponse de foi à la Révélation divine s’appuie sur la réalité la plus solide : la Parole de Celui qui est en acte la Vérité même. Parole de jugement et de promesse. Non pas jugement de condamnation mais lumière permettant de nommer le bien et le mal. Promesse de pardon et gage apporté des réalités espérées.


La "foi" humaine commune (qui s’en remet à autrui, à l’avenir) aussi bien que la foi religieuse vague ou trouble, se trouvent purifiées, précisées, élevées à un autre niveau par la foi proprement chrétienne. Le croyant sait en qui il a mis sa foi : c’est Celui en qui Dieu s’est dit tout entier. Mais il sait aussi à quoi cette foi l’engage. En lui ouvrant les horizons infinis de la vie même de Dieu, elle l’engage à devenir "conforme" à la figure du Serviteur en laquelle, par Jésus, Dieu s’est livré à nous.


Les dimensions de la foi


Ainsi, la foi chrétienne consiste à croire au Christ, à connaître et à reconnaître, dans l’Esprit, Dieu lui-même venu à nous personne du Fils envoyé par le Père. Croire au Christ c’est, pour l’être humain, connaître Dieu en vérité. Comment peut-on rendre compte de cet acte où se croisent de manière singulière l’humain et le divin ?


L’acte de foi est un acte surnaturel, libre et raisonnable. Il est surnaturel car il est don de Dieu. Il est libre et raisonnable car il procède d’une décision et d’un acte d’intelligence qui adhère à une vérité reconnue. L’acte de foi n’en est pas moins tout ensemble fruit de la grâce de Dieu et de la liberté humaine. Lorsqu’il est posé en vérité, dans la contemplation du mystère qui se révèle, grâce et liberté intelligente soulèvent le croyant d’un même souffle, l’ouvrent à Dieu et en même temps l’enracinent dans son humanité.


La foi comporte une double dimension, personnelle et communautaire. Car l’action prévenante de Dieu, qui suscite la foi au coeur du croyant, n’est pas autre que celle qui traverse l’ensemble de l’histoire des hommes et qui travaille à les unir dans cette foi. C’est à travers son oeuvre au sein de cette histoire, qui devient ainsi "histoire sainte", que Dieu s’est fait connaître. C’est par ceux et celles qui en ont été avant nous les bénéficiaires que la foi nous est devenue accessible. Acte essentiellement personnel, qui fait appel à la liberté et vient aussi bien l’épanouir, la foi naît et grandit toujours au sein d’une communauté.


La communauté croyante, Israël puis l’Église, est le lieu d’accueil de la Révélation, d’habitation de la foi, le lieu où celle-ci s’entretient et se cultive, où s’opèrent ces échanges et ce soutien mutuel sans lesquels elle ne tarderait pas à s’étioler ou à défaillir.


Enfin, acte personnel du sujet croyant, l’acte de foi comporte l’adhésion à un contenu, dont l’essentiel est proposé dans des "symboles", comme le Symbole des Apôtres, ou celui de Nicée-Constantinople, proclamé à la messe des dimanches et des grandes fêtes.


Le mot "symbole" vient d’un mot grec, qui signifie mettre ensemble, réunir. Les symboles de foi manifestent l’unité organique de tout ce qu’énonce cette foi. Mais ils constituent aussi un lieu et un principe de rassemblement dans la même foi de ceux qui le proclament.


L’acte personnel du croyant et l’objet auquel il adhère dans la foi sont corrélatifs et indissociablement liés. C’est pourquoi croire au Christ, c’est aussi se mettre en route à sa suite, comme l’ont fait les apôtres. Et croire en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, ainsi que le croyant le déclare dans le Credo, en particulier au cours du baptême, c’est s’engager dans une existence nouvelle, conforme à l’idéal évangélique et modelée sur la figure même du Christ.




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