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2 Corinthiens 1, 3 "Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toute notre tribulation, afin que, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler les autres en quelque tribulation que ce soit."

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A la connaissance de la Bible. N°03



mardi 16 septembre 2014



CHAPITRE TROISIEME : LES EVANGILES



ETUDE DE L’EVANGILE DE JESUS-CHRIST SELON SAINT MARC


I. Qui est l’auteur ?


L’auteur de cet évangile est attribué à Jean-Marc, originaire de Jérusalem (Ac12.12). Il est cousin de Barnabé (Col4.10), compagnon de Paul et Barnabé (Ac12.25 ; Ac13.5-13 ; Ac15.37-39). Il sera auprès de Paul durant sa première captivité romaine (Col4.10 ; Phm24). L’apôtre réclamera ses services peu avant son immolation (2Tm4.11). Il fut disciple de Pierre (1P5.13).


II. Les destinataires


Même si les destinataires ne sont pas mentionnés, plusieurs indices montrent que l’œuvre est adressée à des chrétiens de culture étrangère. Marc traduit en effet des expressions araméennes, telles que Talitha Qoum (« Jeune fille, lève-toi », en 5, 41) ou Effata (« Ouvre-toi », en 7, 34).


Il explique également des coutumes juives, comme la présence de l’ami de l’époux aux noces dans la controverse sur le jeûne (2, 19), les purifications rituelles avant les repas (7, 3-4), les préparatifs du repas pascal (14, 12) et la nécessité d’ensevelir le corps de Jésus avant le début du sabbat (15, 42).


On remarque aussi la transcription littérale en grec de mots latins, comme centurion (kentyriôn : 15, 39), légion (legiôn : 5, 9.15), denier (dènarion : 6, 37 ; 12, 15 ; 14, 5), prétoire (praitôrion : 15, 16).


Marc souligne d’ailleurs très bien la portée de l’évangile pour les païens (7.27 ; 10.12 ; 11.17 ; 13.10).


III. Où se trouvait Marc quand il écrivait ?


L’historien Eusèbe de Césarée (début du IVème siècle), dans Histoire Ecclésiastique, nous rapporte ces deux témoignages suivant, celui de Papias, évêque de Hiérapolis et celui de Clément d’Alexandrie :


Témoignage de Papias :


« Et l’ancien disait : Marc qui fut l’interprète de Pierre, a soigneusement mis par écrit tout ce dont il se souvenait, sans toutefois respecter l’ordre de ce qui fut dit ou accompli par le Seigneur.


En effet, ce n’est pas le Seigneur qu’il avait entendu ou accompagné, mais Pierre, plus tard, comme je l’ai dit. Celui-ci agissait selon ce qu’exigeait son enseignement et non comme s’il voulait donner l’ordonnance des oracles du Seigneur. Ainsi, on ne peut reprocher à Marc de les avoir mis par écrit de la façon dont il se les rappelait. Son unique souci fut de ne rien omettre de ce qu’il avait entendu, sans y introduire de mensonge ».


L’autre témoignage, de Clément d’Alexandrie :


« Pierre ayant prêché la doctrine publiquement à Rome et ayant exposé l’évangile par l’Esprit, ses auditeurs, qui étaient nombreux, exhortèrent Marc, en tant qu’il avait accompagné Pierre depuis longtemps et qu’il se souvenait de ses paroles, à transcrire ce qu’il avait dit ; il le fit et transcrivit l’évangile à ceux qui le lui avaient demandé. Pierre l’ayant apprit, il ne fit rien par ses conseils pour l’en empêcher ou pour l’y pousser ».


Ce fut donc à Rome, où Pierre exerçait son ministère, que Marc a écrit l’évangile.


IV. Quand Marc a-t-il écrit l’évangile ?


Selon Clément, Marc aurait écrit du vivant même de Pierre. Papias ne nous donne aucun renseignement explicite sur ce point. Son texte laisse plutôt pensé que Marc aurait écrit après la mort de Pierre, et c’est en ce sens qu’interprétera Irénée, évêque de Lyon (fin IIème siècle).


Plusieurs exégètes retiennent deux événements importants pour dater la rédaction de l’évangile : les persécutions de Néron en 64 et la destruction de Jérusalem en 70.


C’est en 64 que débutent les persécutions de Néron contre les chrétiens de Rome, dans le but de détourner sur eux les soupçons qui pesaient sur l’empereur après l’incendie de Rome.


Pierre y aurait trouvé la mort. On peut déceler dans l’Évangile selon saint Marc des allusions à cette persécution. Sur la manière de suivre Jésus, il ne lésine pas à préciser que la persécution peut survenir à cause de l’Évangile : Appelant à lui la foule en même temps que ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.


Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie ? Et que peut donner l’homme en échange de sa propre vie ? Car celui qui aura rougi de moi et de mes paroles dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi rougira de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges » (Mc 8.34-38 ; voir aussi 4.17 ; 10.29 ; 13.12).


L’autre date, 70, est celle de la destruction du Temple de Jérusalem par les armées de Titus, mettant ainsi un terme à la révolte juive de 66-70. Dans le contexte de l’annonce de la ruine du Temple par Jésus (Mc 13), l’invitation : Que le lecteur comprenne (v. 14), pourrait être à la fois une allusion à l’évocation de la prophétie de Daniel mais aussi à la destruction du Temple. Pourtant Marc ne parait pas supposé que la ruine de Jérusalem soit déjà consommée.
Ainsi donc Marc aurait écrit entre 64 et 70.


V. La substance de l’évangile


L’évangile de Marc est écrit dans une langue relativement simple, populaire même. Son auteur n’est pas un habile écrivain. Il n’utilise que les constructions les plus simples reliant par exemple ses phrases par la simple conjonction « et ».


Une tendance notable est celle qui lui fait bâtir les récits de miracles en particulier sur le même modèle.


L’exemple suivant est typique à cet égard. Quoique décrivant deux (02) miracles totalement différents l’un de l’autre, les deux narrations sont construites sur le même plan et emploient des expressions presque identiques.


LA TEMPETE APAISEE (Mc4.39-41)


Et il se réveilla
et menaça le vent et dit à la mer
« tais-toi, calme toi »
(la mer se calme)
Et ils furent saisis d’une grande crainte…


UN EXORCISME (Mc1.25-27)


Et Jésus le
menaça, disant :
« tais-toi et sors de lui »
(l’esprit sort)
Et tous furent effrayés…


On peut comparer de même la guérison de l’aveugle de Bethsaide (8.22-26) et celle du sourd muet (7.32-36), la prédication de Jésus à Nazareth (6.1-2) et à Capharnaüm (1.26-27), la préparation du dernier repas (14.13-16) et l’entrée à Jérusalem (11.1-6).


Marc est le plus court. Il n’a qu’un petit nombre des paroles de Jésus, trois discours qui sont d’ailleurs très brefs :
o Le discours en parabole (4.1-34)
o Le discours ecclésiastique (9.33-50)
o Le discours eschatologique (13.1-37)


Il ne fait pas cas du sermon sur la montagne. Mais à l’opposé des autres synoptiques Marc est le plus riche en détail et plus pittoresque. On en a un bon exemple dans la résurrection de la fille de Jaire où l’on voit bien que Marc n’abrège pas (Mc5.21-43 ; Mt9.18-26 ; Lc8.40-56). Citons aussi au passage la guérison du paralytique (Mc2.1-12 ; Mt9.1-8 ; Lc5.17-26), la tempête apaisée (Mc4.35-41 ; Mt8.23-27 ; Lc8.22-25), la première multiplication des pains (Mc6.30-44 ; Mt14.13-21 ; Lc9.10-17).


Dès ses premiers mots, le livre déclare l’intérêt qu’il porte à « l’évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu » (1.1)


Mais ce titre étonnant, pourtant confirmé à plusieurs reprises tout au long de l’évangile (1.11 ; 3.11 ; 5.7 ; 9.7) doit rester secret selon la volonté même de Jésus (3.12 ; 5.43 ; 7.24 ; 8.30 ; 9.30).


Marc présente Jésus fort et puissant dans ses enseignements et dans ses actes (1.21-45 ; 3.7-10). La particularité du livre est que Jésus travaille sans cesse. Il apparait brusquement pour être baptisé et après quarante (40) jours dans le désert, il commence son œuvre. Il guérit beaucoup de malades, délivre les démoniaques, donne la vie, annonce la bonne nouvelle du salut. Il n’a même pas de temps pour se reposer à tel enseigne que le verset central du livre pourrait être Mc10.45 : « Aussi bien, le Fils de l’homme lui-même n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude ».


Marc fait donc abonder dans son évangile l’adverbe « aussitôt » qui traduit la rapidité dans les actions (1.10, 12, 18, 20, 21, 23, 28, 29, 31, 42, 43 ; 2.8, 12 ; 3.6 ; 4.5, 16, 17, 29 ; 5.2, 29, 30, 42 ; 6.25, 27, 45, 50, 54 ; 7.25, 35 ; 8.10 ; 9.15, 24 ; 10.52 ; 11.2, 3 ; 14.43, 45, 72 ; 15.1).


C’est dans ce sens que Marc est l’évangile du serviteur, et donc du taureau qui travaille avec force vigueur et sans lassitude, dans la vision de Ez1.10 et de Ap4.7-8.


VI. Pourquoi Marc a-t-il écrit ?


Marc pourrait avoir écrit dans un double but, celui de répondre à la requête de ceux qui lui ont demandé de faire l’écrit mais aussi pour préparer les croyants à la fermeté pendant la persécution.


Néron engagea une persécution farouche contre les chrétiens. Il inventa l’arène où des chrétiens étaient jetés pour être déchiqueter par des lions. L’église souffrit amèrement cette période. Ce double but s’explique par le fait que Marc connu une version enrichi d’un disciple de Marc.


VII. Le plan


I. Préparation du ministère de Jésus : 1.1-13
II. Ministère de Jésus en Galilée : 1.14-7.23
III. Voyages de Jésus hors de Galilée : 7.24-10.52
IV. Ministère de Jésus à Jérusalem : 11.1-13.37
V. La passion et la résurrection de Jésus : 14.1-16.20




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