-

2 Corinthiens 1, 3 "Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toute notre tribulation, afin que, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler les autres en quelque tribulation que ce soit."

-


Commentaire des textes liturgiques du vendredi 03 Avril 2015 : " toute souffrance unie à l’agonie du Fils bien-aimé s’achèvera dès ici-bas dans la paix entre les mains du Père. "



vendredi 3 avril 2015




Jean signale le transfert de Jésus chez Caïphe, mais il ne dit rien de ce qui s`y est passé : il n’a sans doute rien apporté de neuf. Ensuite Jésus est déféré à Pilate. Un an avant le procès de Jésus, Pilate avait exigé que toute réunion du sanhédrin pour des affaires de justice ou de politique se tienne, non pas dans le local du temple réservé à cet effet, qui était contigu au Saint des Saints, mais dans un secteur de la ville bien surveillé et où le procurateur pouvait envoyer des émissaires. C’était une façon de parer aux risques d’une décision politique prise loin des informateurs de la police, là où aucun païen n’avait accès. Mais par ailleurs la loi juive exigeait que la sentence soit prononcée dans le local du temple. Les prêtres ne peuvent donc pas condamner quelqu’un à mort (18.31), et Pilate, apparemment, n’y avait pas pensé lorsqu’il avait pris le décret.


La plus grande leçon que Jésus nous donne pendant sa passion, c’est de nous apprendre qu’il peut y avoir des souffrances qui sont vécues dans l’amour et glorifient le Père. Souvent, ce qui nous empêche d’avancer dans notre vie chrétienne, c’est que nous sommes en quelque sorte tentés en face de la souffrance. Nous avons tendance à croire que la souffrance est toujours à écarter, qu’il ne peut pas y avoir de sainte souffrance. C’est que nous n’avons pas encore suffisamment expérimenté l’amour infini de Dieu, c’est que le Saint-Esprit n’est pas encore venu nous faire pénétrer dans le cœur de Jésus. Sans l’Esprit Saint, nous sommes incapables de deviner comment il peut exister un amour plus fort que la mort, non pas un amour qui empêche de mourir, mais un amour capable de sanctifier la mort, de la pénétrer, de faire qu’il existe une mort qui soit sainte : la mort de Jésus et toutes les morts qui sont unies à la sienne.


Jésus peut nous faire parfois connaître les souffrances de sa propre agonie et nous faire comprendre en même temps que nous avons à les accepter, que nous n’avons pas à les fuir ; il nous demande d’avoir le courage de rester avec lui, et tant que nous n’avons pas ce courage, nous ne pouvons pas trouver la paix de son amour.
Dans le cœur de Jésus, il y a une unité extraordinaire entre l’amour et la souffrance. Les plus grands saints le comprennent si bien qu’ils se réjouissent de souffrir pour être plus près de Jésus.


Demandons humblement à Jésus d’être prêts, quand il voudra, à communier à ses souffrances. N’essayons pas de les imaginer, mais si nous ne nous sentons pas prêts à les vivre maintenant, prions pour ceux à qui Jésus demande de les vivre, ceux qui continuent la mission de Marie : ils sont les plus faibles et c’est eux qui ont le plus besoin d’être soutenus.


Méditons
Au pied de la Croix, saint Jean a entendu les paroles de Jésus mourant ; il nous rapporte trois d’entre elles, et avant tout celle qui le concerne personnellement : Voici ta mère, et qui est en même temps le centre du dernier testament de Jésus. Les Pères de l’Église se sont plu à considérer les sept paroles de Jésus en Croix consignées dans les évangiles comme un résumé de la vie et de l’enseignement du Sauveur, et à les rattacher aux sept sacrements ainsi qu’aux sept dons du Saint-Esprit, car elles ont comme eux une efficacité quasi sacramentelle et divine. Il nous est bon de les relire l’une après l’autre en suivant tour à tour les quatre évangélistes dont les récits se complètent.


La première parole, rapportée par Luc : Père, pardonne-leur, nous donne l’assurance que Jésus a obtenu le pardon de tous les hommes, quelles que soient leurs fautes, et que le salut acquis par lui sur la Croix comme prêtre et comme victime aimante est offert à tous sans exception.


La deuxième parole de Jésus est pour Jean et Marie : sa mère, heureuse en sa douleur de communier avec lui dans l’adoration et le pardon, et le disciple qu’il aime, presque désespéré, incapable de surmonter ses ressentiments, déchiré de ne pas être à l’unisson avec son maître. Jésus, jetant les yeux sur eux, les donne l’un à l’autre, et, dans leur mutuel embrassement, l’Église des pauvres pécheurs, une et maternelle par Marie, apostolique déjà en cet unique apôtre, commence invisiblement sa mission sous la première effusion de l’Esprit Saint.


Mission aussitôt féconde, car elle ouvre le ciel au bon larron, ce premier enfant de Marie, le premier fils de l’Église : Aujourd’hui, tu seras avec moi !
Mais Jésus, en donnant sa mère, s’est dépouillé de tout, sa sensibilité humaine n’a plus aucun appui, et son âme est plongée dans une agonie où son Père lui-même semble l’avoir abandonné. C’est alors qu’il prononce la parole si mystérieuse : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Une telle prière donne à toutes les angoisses, les tentations, les agonies humaines un recours indépassable, un refuge divin dans cette sainte humanité de Jésus qui a souffert plus qu’aucune créature ne souffrira jamais.


Un peu plus tard, dans sa solitude insondable, Jésus laisse jaillir une plainte : J’ai soif, où s’exprime la torture de son corps crucifié, exsangue, brûlant de fièvre, mais aussi son désir dévorant de voir les hommes répondre à l’amour infini qu’il leur manifeste en mourant.
Et c’est alors le constat solennel que Jean nous a transmis : Tout est consommé, constat d’absolue détresse et en même temps de triomphe, dont le sens est inépuisable, et qui nous avertit que rien dans nos vies, rien dans nos œuvres, rien dans l’Église, ne peut être vraiment accompli que par l’union à la mort et à l’agonie de Jésus.


Après cela, nous savons par Luc quelle a été la dernière parole articulée de Jésus : une prière confiante pour remettre tout son être au Père, et nous y puisons la certitude que toute souffrance unie à l’agonie du Fils bien-aimé s’achèvera dès ici-bas dans la paix entre les mains du Père.


Enfin, c’est Matthieu et Marc qui ont répercuté dans leur évangile le dernier cri de Jésus : cri puissant de celui qui donne librement sa vie, cri d’amour qui appelle au moment suprême Marie et Jean et avec eux tous les hommes enfin sauvés, et qui les prépare à entrer, par le grand signe du cœur ouvert, dans l’attente de la résurrection.

SAWADOGO Charles




Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document