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2 Corinthiens 1, 3 "Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toute notre tribulation, afin que, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler les autres en quelque tribulation que ce soit."

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L’amour entre frères : s’aimer sincèrement comme des frères.1 pierre 1 ;22



lundi 24 mars 2014, par KABORE Evariste




LES FONDEMENTS DE LA FRATERNITE EN CHRIST


D’où vient-il que nous nous appelions frères et sœurs alors qu’on sait que généralement est mon frère et ma sœur celui ou celle avec qui j’ai un lien naturel de sang ?


Nous sommes une communauté multiethnique avec des origines différentes. Quel est donc le fondement de notre fraternité ?


Selon Ephésiens 2 ,13 à 22, la croix du Seigneur est le fondement de la fraternité. Elle a brisé l’inimitié et la haine qui séparait les hommes et les a rapprochés les uns des autres dans un nouveau type de rapports fondé sur l’amour et l’unité.


Comment en est-on arrivé là ? La déchirure dans l’histoire des hommes a commencé à la tour de Babel. Le récit biblique de genèse 11 nous enseigne qu’à l’origine, il y avait sur la terre un peuple unique qui parlait une seule langue.


Pour éviter de s’éparpiller sur la surface de la terre, ils décidèrent de construire une tour dont le sommet touche le ciel. Dieu fit obstacle à leur projet lorsqu’il descendit et confondit le langage des Hommes.


Ces derniers se sont dispersés sur la surface de la terre, ont développé des civilisations différentes. Dès lors, les peuples de la terre ont vécu dans l’hostilité, les conflits permanents.


Dieu va élire Israël d’entre les nations pour se révéler à l’humanité. Dieu va signer une alliance avec Israël et lui donner la loi et la circoncision pour le distinguer des autres peuples.


Israël se considérait comme une famille étant issue de Jacob. Les autres nations étaient considérées comme des païens, étrangers aux alliances et aux promesses.
Dieu va par la suite, promettre à Israël un sauveur dont la mission rédemptrice allait intéresser l’Humanité toute entière.


Pour cela, il fallait que la blessure de Babel soit guérie et que la confusion, l’inimitié existant entre les nations soit brisée. Dieu disait de son Oint en Esaie 49,6 : « C’est peu que tu sois mon serviteur pour rétablir les tribus de Jacob, je t’ai établit pour être la lumière des nations, pour porter mon salut jusqu’aux extrémités de la terre ».


Le christ avait donc pour mandat non seulement de réconcilier le monde avec Dieu, mais aussi de réconcilier les hommes entre eux.


L’œuvre merveilleuse qu’il a accompli sur la croix avait donc un double sens. Un sens vertical qui rapproche les hommes de Dieu et un sens horizontal qui rapproche l’homme de son semblable.


• Jésus Christ va prendre le temps pendant ses jours terrestres d’enseigner une religion d’amour de paix et de tolérance. Chose vraiment révolutionnaire car la vision finale était de fonder une communauté universelle de frères unis par le sang de l’alliance.


• Il va établir un commandement nouveau, l’amour de Dieu et celui du prochain. Marc 12,29. Il prévient ses disciples que c’est à cela seul que le monde saura qu’il a affaire aux vrais disciples de Jésus Christ. Jean 14 ,34


• Il va même jusqu’à révoquer la loi du talion et prêcher l’amour des ennemis ; Matthieu 5,38 à 48


• Il va enseigner le vrai leadership et la vraie royauté qui trouve son sens plein dans le dévouement au service des autres. Jean 13, 1 à 17. Après le lavement des pieds Jésus dit à ses disciples : « vous êtes heureux si vous savez ces choses à condition de les mettre en pratique. »


• Il va annoncer une religion fédératrice et universelle rompant les liens de la division ethnique entre juifs et non juifs. Il donne l’exemple en guérissant l’enfant de la femme Syro phénicienne. En Jean 4, il dit à la samaritaine que le vrai Dieu n’est pas partisan : « l’heure vient où ce n’est plus sur cette montagne ni à Jérusalem qu’on adorera Dieu. Les vrais adorateurs adoreront Dieu en Esprit et en Vérité. »


• Il va fonder une nouvelle famille qui va au-delà des liens naturels. Sont de la famille de Jésus tous ceux-là qui écoutent Dieu et lui obéissent. Luc 8, 19 à 21.


• Il va enseigner l’altruisme comme point de départ de la conduite morale. Le fait pour nous de privilégier les intérêts des autres nous rendra éligibles pour le royaume à venir. (la parabole du riche qui va en enfer pour avoir fermé son cœur au pauvre Lazare Luc 16,19 à 31 ; la parabole du bon Samaritain Luc 10,25 à 37 ; la parabole du jugement dernier …)


• Jésus va prier pour l’unité de son corps via l’amour fraternel.
Les récits d’actes des apôtres nous révèlent que les disciples ont vécu cet enseignement de façon pleine par la puissance du saint Esprit répandu sur eux. En actes 2, 42 Luc cite ce qu’on pourrait appeler les 4 piliers de l’Eglise primitive : l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière communautaire.


Dans actes 2, 32, il décrit la communion fraternelle qui se manifestait entre les disciples par l’unité et la solidarité : « tous ceux qui étaient devenus croyants vivaient une parfaite unité de cœur et d’esprit. Personne ne se prétendait propriétaire de ses biens, mais ils partageaient ce qu’ils avaient. »


Les événements des actes chapitre 10 sont très édifiants. Les premiers chrétiens qui étaient d’origine juive étaient toujours dans les liens de l’exclusion ethnique ne comprenant encore la portée universelle du message du christ et le mandat qu’il a reçu selon Esaie 49,6.


L’évangélisation des païens n’avait pas encore été officialisée.


Dieu va conduire de façon surnaturelle saint Pierre à témoigner dans la maison de corneille de Césarée, un officier romain. Lorsqu’il retourne à Jérusalem et que les chrétiens juifs lui font des reproches, Pierre va raconter comment Dieu avait répandu sur les païens son Esprit comme à eux-mêmes au commencement.


Les païens étaient admis dans la communauté universelle des frères disciples du christ.


L’effusion de l’Esprit à la pentecôte est venue comme pour guérir la blessure de la tour de Babel. A Babel, il y a eu confusion de langage, mais à la pentecôte, il y a diversité de langues mais le même Esprit qui donne à chacun de comprendre ce que disent les autres. C’est un signe extraordinaire que Dieu voudrait rapprocher les Hommes pour réaliser son plan éternel de salut.


Dans la pensée de Dieu, l’Eglise est la communauté des croyants devenus frères par :


• leur foi commune en Jésus Christ. Jude 3
• leur baptême unique. Ephésiens 4,5
• leur effusion dans l’unique Esprit. 1 cor 12 ;4
• leur seule espérance dans le Salut. Ap 7, 9


Les premiers chrétiens ont mené un combat intense pour édifier l’Eglise sur le fondement du commandement de l’amour, pour vivre la réalité de la grâce que Dieu a manifesté en brisant la haine et l’inimitié qui existait entre eux. Le commandement originel de l’amour est resté omniprésent dans l’enseignement des apôtres toutes choses qui portent témoignage de l’importance qu’ils accordaient à cette question.


FRUITS D’UN AMOUR FRATERNEL SINCERE


Le fruit premier d’un amour fraternel sincère dans une communauté ou un groupe est sans nul doute, l’unité. Phil, 2 ; 2.


Le second est la solidarité et l’assistance mutuelle. 1 Jean 3,17 ; 1cor 12, 26-27


A cet égard, j’aimerai citer le pape Benoit dans son encyclique DEUS CARITAS EST : « l’Eglise est la famille de Dieu dans le monde. Dans cette famille, personne ne doit souffrir par manque du nécessaire.


En même temps, la caritas –agapè dépasse les frontières de l’Eglise ; la parabole du bon samaritain demeure le critère d’évaluation, elle impose l’universalité de l’amour qui se tourne vers celui qui est dans le besoin rencontré par hasard, quel qu’il soit.


Tout en maintenant cette universalité du commandement de l’amour, il y a cependant une exigence spécifiquement ecclésiale, celle qui rappelle justement que, dans l’Eglise elle-même en tant que famille de Dieu, aucun membre ne doit souffrir parce qu’il est dans le besoin. »

Un autre fruit est le pardon mutuel. Luc 17,3-4 et Eph 4,32


Humilité. Eph 4,2


Etre véridique .Eph 4,25


Etre bons et compréhensifs les uns envers les autres. Eph 4, 32


S’encourager mutuellement. Eph 5 ,19 et 2 cor 13, 11


Se soumettre les uns aux autres. Eph 5,21


Avoir du zèle et non de la paresse. 1 cor 15,58


Etre disponibles les uns aux autres. Gal 5, 13-15


Mettre ses charismes au service des autres. Rom 12 ,6-8


Participer aux activités collectives sans plaintes ni contestation. Phil 2,14


Etre doux et patients les uns envers les autres .Col 3,13


Se conduire honnêtement avec les frères. Rom 13,13


Privilégier les intérêts des autres. Phil 2,4


Ramener ceux qui s’égarent. Jacques 5, 19-20 et Jude22-23


Avoir une parole de sagesse. Col 4, 5-6


Si chacun de nous, membres du Buisson Ardent, voulait s’évaluer devant Dieu sur la base de ces critères de l’amour fraternel véritable, je suis sûr qu’il y aura beaucoup de sujets de repentance à commencer par moi-même.


L’amour fraternel sincère suppose également la capacité de résoudre les conflits entre frères. Nous sommes enfants de Dieu et nous devrions avoir la sagesse nécessaire pour aborder certaines questions. J’ai trouvé dans la bible six principes fondamentaux dans la démarche de résolution des conflits.


1-être disposé au pardon envers le coupable 2cor 2,5-11


2-Ne pas le traiter en ennemi. 2 Thessaloniciens 3, 13-15


3-régler le problème dans la famille des croyants. Il n’est pas fraternel de traiter un problème du groupe avec les gens du dehors.1cor 6,1


4-agir dans un esprit de sagesse et de douceur. Gal 6,1


5-éviter de rendre le mal pour le mal. 1 thess.5, 15


6-être disposé à ramener le frère dans le droit chemin. Jacques 5,19-20


Dans l’évangile de Matthieu le Seigneur nous enseigne sur la démarche à suivre. Mat 18,15


Si un frère se rend coupable envers nous, il ya trois cas de figures :

- d’abord va le trouver seul à seul. En cas d’échec,
- prends deux ou trois personnes avec toi. En cas d’échec ;
- dis-le à l’Eglise.


On remarque que dans tous les cas, il faut donner une chance à la réconciliation, à la guérison des blessures plutôt qu’à la division.


CONCLUSION


Biens aimés en christ, le pape écrivait dans son encyclique DEUS CARITAS EST que l’amour grandit par l’amour. On raconte également que l’amour ressemble aux châteaux d’Espagne. On y trouve ce qu’on y apporte.


Tachons donc de construire notre communion fraternelle en étant nous même les premiers à y apporter ce que nous désirons y trouver.


Nettoyons nos vies de ce qui peut être fatal à l’unité : l’orgueil, les maladies de la langue (paroles vaines et incontrôlées, paroles grossières, mauvaises plaisanteries, mensonges, médisances, calomnies, critiques etc.), les rivalités et la jalousie, la tricherie, le refus de pardonner, juger les autres, traiter les problèmes du groupe avec des incroyants, négliger son ministère, se désolidariser des autres, se rebeller contre les dirigeants, se quereller.


A moins de commencer par nous aimer sincèrement comme des frères, inutile d’aller évangéliser car tout compte fait on ne pourra maintenir aucun converti dans notre groupe.


Le poète Virgile écrivait « Omnia vincit amor et nos cedamus amori », ce qui signifie que l’amour vainc toute chose et nous aussi nous cédons à l’amour.


Prions que Dieu nous donne de céder à chaque instant à l’amour véritable, fruit du saint Esprit en nous.


C’est la marque et la preuve de notre discipolat .


Cédons à l’amour comme ont cédé :
• François d’assise,
• Ignace de Loyola,
• Jean de Dieu,
• Camille de Lellis,
• Vincent de Paul,
• Louise de Marillac,
• Joseph Cottolengo,
• Jean Bosco,
• Louis Orione,
• Teresa de Calcutta et
• Martin de Tour.


La tradition rapporte que Martin de tour fut d’abord soldat, puis moine et évêque. Aux portes d’Amiens, il partage son manteau en deux avec un pauvre. Jésus lui-même lui apparut en songe revêtu de ce manteau comme pour confirmer la valeur permanente de Matthieu 25, 36 à 40 : « j’étais nu et vous m’avez habillé …chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, c’est a moi que vous l’avez fait. »


PRIONS


Père très bon, je te demande pardon pour toutes les fois où j’ai fermé mon cœur à l’amour fraternel sincère. Pardon parce que je me suis tellement préoccupé de moi-même que j’ai raté plusieurs occasions de me rendre utile aux autres.


Pardonne-moi d’avoir été pour les autres, occasion de scandale et de chute. Pardonne ma suffisance et mon orgueil et aide moi à vivre comme tu le veux : dans l’amour vrai pour ton peuple.


Seigneur je ne veux plus faire souffrir tes enfants, je ne veux plus juger ton peuple que tu as racheté, je ne veux plus mépriser l’Eglise qui est ton corps.


Aide-moi par le Saint Esprit. Donne-moi un cœur doux et humble comme le tien.
Bénis le buisson ardent, EN TON NOM PRECIEUX, J’AI PRIE. Amen


Fraternellement et avec l’amour du calvaire, votre frère, KABORE EVARISTE



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