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2 Corinthiens 1, 3 "Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toute notre tribulation, afin que, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler les autres en quelque tribulation que ce soit."

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La foi est une adhésion personnelle et libre de l’homme à Dieu. Et vous, que dites- vous ? Pour vous, qui suis-je ?



mardi 12 juillet 2016, par OUEDRAOGO Tiraogo Rodrigue



La foi est une adhésion personnelle et libre de l’homme à Dieu.
Et vous, que dites- vous ? Pour vous, qui suis-je ?


Homélie de l’Abbé Sylvain ZONGO
Texte du 19/06/16 : Année liturgique 2015–2016 : C

Première Lecture :  Zacharie 12 1–11 ;13 1
Psaume :  Psaume 63 2–6, 8–9
Deuxième Lecture :  Galates 3 26–29
Évangile :  Luc 9 18–24

Et vous, que dites- vous ? Pour vous, qui suis-je ?
Bien chers frères et sœurs en Christ, en ce 12ème Dimanche du temps Ordinaire, les textes liturgiques nous invitent à méditer sur le thème de la foi, et surtout sur notre foi en Jésus Christ. En cela nous pouvons tout d’abord nous poser la question : qu’est-ce que la foi et en quoi cette foi nous engage ?
La foi est avant tout une adhésion personnelle et libre de l’homme à Dieu et Saint Paul ajoute que c’est par la foi que nous sommes devenus fils de Dieu. Chacun de nous pourrait donc dire : Ah oui ! J’ai la foi, moi ; bien sûr, c’est par la foi que j’ai été baptisé, que je me suis engagé pour être choriste, PMC, AFC,….
Mais, permettez-moi Frères et sœurs, de nous demander si c’est réellement la foi en Dieu qui nous a conduits ici. Vous me direz que oui ; mais j’en doute fort. La question est discutable surtout en cette période d’examens, de concours ou encore en ce temps de crise d’emploi ou de mariage : Oui ! je veux un mari ou une femme, je veux enfin me marier pour en finir avec le célibat, je veux un enfant, je veux un emploi, une situation stable, je veux… Et à cause de tout cela, on devient chrétien zélé, fervent, dynamique, engagé, exemplaire. On ne rate plus jamais la messe, les neuvaines sont récitées à longueur de journée, on passe de retraite en retraite et si toutefois son vœu est exaucé, merci monsieur Dieu et à la prochaine. Dans le cas contraire, c’est la dépression totale avec ces terribles interrogations : comment Dieu peut –il me faire cela ? Qu’ai-je fait pour mériter cela ? Je lui ai donné toute ma vie, tout mon temps à le servir et il m’a trahi. Maintenant que faire ? Je risque de perdre la foi. Est-ce que tu en avais même, mon frère, ma sœur. Si l’on pouvait comprendre, bien aimés de Dieu, ce qu’est la foi véritable, cette notion d’adhésion personnelle et libre comme un engagement sans intérêt quelconque, une confiance et une conviction au-delà des échecs et des épreuves, on n’aurait pas tort de se demander encore si c’est vraiment la foi en Dieu qui nous a conduits ici dans cette Église. C’est la même inquiétude qui a poussé le Christ à interroger ses disciples pour connaître la vérité, leur motivation profonde : pour vous, qui suis-je ? La foi n’est pas une collection d’opinions ; à la première question, les disciples s’étaient mis à raconter ce que disent les gens : il est Jean Baptiste, Elie ou encore un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. Ça, c’est leur problème. La foi est surtout un don de Dieu et nous engage à une conviction personnelle, pour moi qui est Jésus ? Voilà ! Ça, c’est mon problème parce que la question me concerne directement et personnellement ; pour toi, qui est Jésus ? Ça, c’est ton problème ! Ce matin la question pourrait s’adresser aux parents et aux enfants, aux jeunes et aux chrétiens en général.
Tournant le regard avent tout vers les parents, un regard d’amour, le Christ leur demande tout simplement : pour vous, qui suis-je ?
Dire que Jésus est le Messie, c’est bien accomplir son devoir d’époux et d’épouse, c’est assumer avec joie sa responsabilité de père ou de mère. Veiller à une éducation équilibrée de ses enfants ; car, comment peut-on dire que Jésus est Seigneur si l’éducation religieuse de nos enfants n’est pas une priorité pour nous. On peut dépenser énormément pour l’éducation scolaire, intellectuelle des enfants ; ce qui est normal pour assurer leur avenir ; et on oublie malheureusement l’essentiel, ce qui fait de l’enfant un homme, c’est-à-dire l’éducation humaine, morale, affective et religieuse. Oui, on se plait à faire des monstres pour la société, la tête pleine mais le cœur vide sans aucun un sentiment ni pitié. La preuve, les enfants de ce siècle que nous sommes ont perdu la notion d’interdit. Tout est permis ; nos éducateurs sont devenus comme nos copains et personne n’en dit mot tout simplement parce que nos prétendus droits nous protègent.
Frères et sœurs, reconnaissons humblement que nous avons failli si dans le souci de respecter le soi-disant droit de l’enfant nous le confions à la rue et aux écrans. Nous ne saurons dire que Jésus est le Messie de Dieu si nous ne sommes pas en mesure de dire à notre enfant ce que l’Église attend de lui ; s’engager dans les différents mouvements et services pour y apprendre à aimer et à lutter pour la bonne cause, la justice et le droit, lutter contre la corruption et l’injustice ; si nous sommes incapables de suivre leur évolution spirituelle. Et oui, il faudra que chacun se regarde comme dans un miroir et se dire la vérité : qui est Jésus pour moi dans ma fonction de père de famille, de mère de famille ?
Quant à vous chers enfants, le Christ vous pose la même question : pour vous, qui suis-je ? Dire que Jésus est le Messie, c’est bien occuper rien que sa place, toute sa place et bien jouer son rôle en tant qu’enfant dans la famille, à l’école et partout où vous vivez. Oui, vous êtes l’avenir de l’Église et même du monde. Sachez que c’est dans l’obéissance et le respect des aînés que vous allez pouvoir dire que Jésus est le Messie ; parce que l’essentiel de la réponse à cette question ne se trouve pas dans les paroles, dans les affirmations mais dans nos actions et dans nos comportements. Dire qu’on connait Jésus, qu’il est le Messie, c’est apprendre à vivre avec les autres, la fraternité universelle, c’est apprendre à aimer tout le monde sans intérêts et sans distinction. Saint Paul nous le rappelle dans la deuxième lecture : vous tous que le baptême a unis dans le Christ, vous avez revêtu le Christ pour être frères et sœurs : il n’y a plus de différence entre les hommes, il n’y a plus ni juif ni païen, ni esclave ni homme libre ; il n’y a même plus ni samo ni mossi, il n’y a plus ni yadéga ni gourmatché. Dans le Christ, tout le monde est enfant de dieu et vous devrez donc apprendre à partager ce que vous avez avec les autres. A bon attendeur ! Un enfant qui refuge de partager son gâteau avec l’autre qui n’en a pas ne connait pas encore jésus.
Aussi, reconnaitre que Jésus est le Messie c’est prendre part aux activités de son Eglise. Oui ! Quand on aime Dieu on doit accepter sa mission. Par le baptême le Christ vous envoie en mission dans vos familles d’aller semer la paix par la docilité aux parents et l’amour de la prière. Même si les parents ne veulent pas prier, dites-leur que vous êtes missionnaires envoyés auprès d’eux et que vous avez l’obligation de faire vivre la famille par la prière.
Le christ vous envoie en missions dans les écoles pour enseigner le pardon. Dire que Jésus est Seigneur, c’est savoir pardonner même dans les situations les plus difficiles. Que chacun se pose maintenant la question : qui est Jésus pour moi ?
Et à la jeunesse, le cœur même de la société, le Christ se tourne ce matin vers vous. Que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?
Reconnaitre que Jésus est le Messie, c’est mettre sa confiance en lui et en lui seul. Bon nombre de jeunes de nos jours peinent à trouver un sens à leur vie ; les soucis sont énormes : manque d’emploi, problème de foyer, de maternité, problème de stabilité et bien d’autres. Comme on est habitué à gouter un peu partout et que maintenant ça coince, on veut être stable, se rangé. Donc stabilité dans tous les sens que vous connaissez. Chers amis, loin d’être ce marabout pour deviner votre sort et vous proposer des sacrifices, le Christ attend de vous la réponse à sa question : pour vous, qui suis-je ? Au –delà des réponses que nous pouvons formuler, il nous faut accepter qu’il prenne place dans notre vie, c’est-à-dire que sa volonté s’accomplisse en nous, laquelle volonté n’est rien d’autre que le bonheur de l’homme et sa réussite, sa joie et son salut.
Aussi, la réponse à cette question désigne notre volonté de porter notre croix à la suite du Christ. Il nous faut le ressembler en tout. Lui qui était Dieu, s’est fait homme, obéissant jusqu’à la mort sur une croix. Tout simplement parce qu’on ne peut pas imaginer un christianisme sans croix. Ce bois qui a porté le corps torturé du Seigneur constitue un pont vers une vie nouvelle ; la vie des enfants de Dieu. Celui qui veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
Bien aimés de Dieu, la croix est avant tout l’acceptation de soi ; s’accepter tel qu’on est et rendre grâce à Dieu pour ce que nous sommes ; elle est également l’acceptation de l’autre ; l’accueillir comme un frère et jamais comme un étranger, encore moins comme un rival. Porter sa croix, c’est mourir au péché pour que grandisse l’amour. Jésus demande à qui veut le suivre d’être prêt à rompre les liens les plus chers afin de pouvoir être libre pour le suivre pas à pas ; ton pied mon pied, collé serré, parce qu’il est devenu notre ami, notre intime comme lui-même l’a dit : je ne vous appelle plus serviteur, vous êtes mes amis. Mais cette amitié n’est pas sans difficultés et c’est pourquoi le Christ insiste en ces termes : celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perd sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera. Pour vivre notre foi au Christ aujourd’hui comme au premier siècle, nous serons confrontés à des épreuves de tout genre. Le découragement et les échecs, les soucis et les maladies. Nous serons victimes des critiques des autres et le mépris, le rejet et la déception. Cela pourrait nous amener à vouloir suivre le monde qui nous propose le gain facile et la joie éphémère.
Frères et sœurs, soyons vigilants et forts pour vaincre les contradictions intérieures ainsi que les opinions divergentes qui influencent notre conviction. Retenons que la question de Jésus continue de retentir dans notre conscience à travers la voix du souffrant, du mendiant et des exclus sociaux : et vous, que dites-vous ; pour vous, qui suis-je ? On ne saurait fermer son cœur au collègue de service qui mendie notre attention et notre considération et prétendre dire que Jésus est le Messie. On ne saurait fermer son cœur au voisin du quartier qui mendie notre bonjour, au conjoint ou à la conjointe qui souffre intérieurement parce que notre sourire lui manque et vouloir dire qu’on connait Jésus ; c’est-à-dire, en nous laissant toucher par notre propre misère, notre refus d’aimer et de pardonner, nos jugements sans fondement et en prenant la résolution de nous convertir et d’aller vers les autres à cœur ouvert que nous pourrons reconnaitre que Jésus est vraiment le Messie.
Frères et sœurs, dire que Jésus est le Messie, c’est se laisser transformer intérieurement par lui afin de porter des fruits pour être des hommes de vérité, des chrétiens convaincus et convaincants. Mais sachez bien que si nous voulons être justes et vrais nous ne serons jamais compris des autres. La preuve, l’Église qui enseigne l’unité, le monde est en train de la combattre en semant la division par le pouvoir et l’argent ; l’Église qui enseigne la noblesse et le caractère sacré de la famille, le monde l’attaque en détruisant les bases de la famille. Les enfants n’ont plus de respect envers leurs parents et de surcroit, les parents ont peur même de leurs enfants. Où va le monde ? Nous-même, frères et sœurs, épousons la mentalité de ce monde pour critiquer l’Église. Il n’est pas rare d’entendre des chrétiens s’en prendre à l’Eglise en ces termes : il faut que l’Eglise revoie ses lois ; il faut qu’elle révise ses principes pour tenir compte de la modernité et de l’évolution. Il faut que l’Eglise suive le monde, il faut qu’elle se mette à jour. C’est triste, si à cause de l’argent, des intérêts égoïstes l’Eglise doit renier sa vocation et sa mission pour opprimer le peuple et sacrifier les hommes sur l’autel des opinions politiques ; c’est triste, si à cause de la perversité de l’homme, parce qu’on veut jouir de la vie, parce qu’on veut faire son temps l’Eglise doit fuir ses responsabilités pour autoriser le divorce ou pour accepter le crime de l’avortement. Ou alors, posons-nous donc la question : qui doit être sauvé ? L’Eglise ou le monde ? La pression de ce monde nous égare et bon nombre de chrétiens se laissent dominer par ces idéaux. Si nous voulons suivre le Christ, sachez que le monde va nous rejeter, nous mépriser et nous persécuter, mais le Christ nous dit : courage, n’ayez pas peur. Celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. Le mal n’a jamais été vainqueur, parce que Dieu nous aime et veille personnellement sur chacun de nous. Un artiste disait que le Chrétien est celui qui tient, celui qui avance toujours malgré les épreuves de la vie, celui qui aime son Eglise et ses lois même si elles sont parfois dures.
Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ?
Que par la grâce de cette Eucharistie Dieu nous aide à prendre conscience et à nous enraciner davantage dans la foi au Christ. A Lui la gloire maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !




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