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2 Corinthiens 1, 3 "Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toute notre tribulation, afin que, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler les autres en quelque tribulation que ce soit."

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Conférence de la Semaine du Buisson Ardent 2018



vendredi 2 février 2018, par DAMIBA Laure



Thème : « Le contexte sécuritaire du Burkina Faso »
Date : 30 janvier 2018 Lieu : Terrain de CENOU
Conférencier : Gaston SAWADOGO


Le conférencier Monsieur SAWADOGO Gaston a souligné que le thème est vaste et qu’il existe trois(03) formes d’insécurité : le banditisme, l’incivisme et le terrorisme. Il a préféré traiter la forme de terrorisme lors de son exposé.



Le phénomène nouveau au Burkina Faso depuis 2015, est le terrorisme. Le Burkina Faso était considéré jusqu’au premier trimestre de l’année 2015 comme un pays stable. A partir d’Avril 2015, le Burkina Faso a commencé à être la cible de menaces terroristes, avec la survenue en janvier 2016 de l’attaque du Café-restaurant Cappuccino. Le phénomène est plus développé dans le Nord, avec le Sahel qui est une zone rouge.


Il existe plusieurs causes, d’ordre multiple, de terrorisme au Burkina Faso : politiques, sociopolitiques et culturelles.


Il convient d’abord de définir certains concepts pour faciliter la compréhension.
Le terrorisme est un ensemble d’actions violentes répétées engendrant l’anxiété. Sa particularité, d’une part, est que les cibles ne sont pas directes mais des victimes collatérales. D’autre part, c’est la peur que le terrorisme suscite dans la vie des personnes, suite à l’atteinte du subconscient de l’individu.


Le radicalisme quant à lui a une signification qui prête à confusion, on a tendance à croire que c’est la violence. Cela se dit d’une personne intransigeante sur sa position,. elle rejette toute idée de compromis.


L’extrémisme contient dans son sens la violence, l’absence de tolérance ; ici l’atteinte des objectifs passe par la violence.


Chronologie des incidents sécuritaires et actions menées au Burkina du 04 Avril 2015 au 04 octobre 2017 :


04 avril 2015 : kidnapping d’un employé roumain dans la mine de Tambao dans la province de l’Oudalan, région du Sahel.


09 octobre 2015 : attaque du poste de gendarmerie de Samorogouan, province du Kénédougou, région des Hauts-Bassins.


27 novembre 2015 : attaque d’un fourgon transportant des fonds de la mine d’or d’Inata, province du Soum, région du Sahel.


15 janvier 2016 : attaque du poste de gendarmerie de Tin-Akoff, un couple australien est enlevé́ par des individus non identifiés. Le même jour, la capitale, Ouagadougou, connait son premier attentat terroriste (au Cappuccino)


17 mai 2016 : attaque du poste de police de Koutougou ( Soum)


31 mai 2016 : attaque du poste de police d’Intangom (Oudalan).


1er septembre 2016 : attaque du bureau de la douane de Markoye(Oudalan)


12 octobre 2016 : attaque d’un poste de l’armée burkinabè̀ à Intangom (Oudalan)


31 octobre 2016 : Deux frères d’un employé́ municipal sont assassinés à Ariel, province du Soum.


12 novembre 2016 : Un dignitaire religieux est assassiné à Djibo, un conseiller municipal est assassiné à 30 kilomètres de Djibo et un autre conseiller municipal échappe à une tentative d’assassinat à 40 kilomètres de Djibo.


16 décembre 2016 : attaquedu detachement militaiae Nassoumbou, province du Soum, tuant douze soldats.


Janvier-février 2017 : Des hommes armés investissent des écoles dans le Nord du Burkina et menacent les enseignants.


1er janvier 2017 : Un imam est assassiné par des assaillants non identifiés à Sibé, province du Soum.


4 février 2017 : Le conseiller municipal de Nassoumbou est assassiné avec son fils de cinq ans dans la province du Loroum.


28 février 2017 : attaque de deux stations de police dans la province du Soum.


3 mars 2017 : enseignant assassiné dans la province du Soum.


27 mars – 10 avril 2017 : début de l’ Opération transfrontalière Panga


27 avril 2017 : enlèvement de deux fonctionnaires Tin-Akoff(Oudalan).


29-30 avril 2017 : La force Barkhane lance une seconde opération de ratissage dans la forêt de Foulsaré, appelée Opération Bayard.


13 mai 2017 : attaque du village de Djahoye, province de l’Oudalan.


27 mai 2017 : assassinat d’un ancien officier de police ainsi qu’un autre individu à Djibo, province du Soum par des membres d’Ansarul Islam.


11 juin 2017 : Un agriculteur et un conseiller municipal sont tués dans la province du Nayala, région de la Boucle du Mouhoun.


21 juin 2017 : Le Conseil de sécurité des Nations unies approuve à l’unanimité́ la résolution 2359 qui prévoit le déploiement de la force conjointe du G5 Sahel afin de lutter contre le terrorisme transnational et le crime organisé dans la région.


25 juin 2017 : assassinat de cinq personnes dans la province du Soum.


27 juin 2017 : Une page Facebook attribuée à Ansarul Islam mais non authentifiée publie un post affirmant que Jafar Dicko reprend les rênes d’Ansarul Islam, sous-entendant que Malam Ibrahim Dicko serait peut-être mort.


27 juillet 2017 : Un conseiller municipal, son frère et son fils sont tués dans la province du Soum.


13 août 2017 : Attentat dans le centre-ville de Ouagadoudou, Café Aziz Istanbul.


17 août 2017 : Un véhicule militaire en patrouille dans la province du Soum saute sur une mine, tuant trois soldats burkinabè. Premier incident de ce type au Burkina Faso.


29 août 2017 : Des individus armés tirent en l’air à Damba, province du Soum.


31 août 2017 : attaque du poste de gendarmerie de Djibasso, régionde la Boucle du Mouhoun (Ouest).


3 septembre 2017 :L’organisation américaine Peace Corps décide d’évacuer l’intégralité de ses volontaires (124 personnes) en raison du climat d’insécurité dans le pays.


4 septembre 2017 : attaque dans la province du Soum.


7 septembre 2017 : attaque de l’hôtel de ville de Diguel, province du Soum, et kidnappent un agent municipal.


12 septembre 2017 :Une page Facebook attribuée à Ansarul Islam mais non authentifiée publie un post dénonçant la mort de musulmans lors de l’attentat de Ouagadougou mi-août, se désolidarisant de l’action du GSIM.


15 septembre 2017 : Un chef de village, un imam et un troisième individu sont assassinés dans les environs de Baraboulé, province du Soum.


23 septembre 2017 : Le poste de police du camp de réfugiés de Mentao, dans la province du Soum, est incendié, faisant d’importants dégâts matériels mais aucune victime. Un véhicule des forces anti-terroristes est visé par une attaque à l’explosif à proximité du poste de police, faisant sept blessés. Un homme est également assassiné par des individus à moto.


26 septembre 2017 : Deux gendarmes burkinabès sont tués dans une embuscade
près de Tongomayel, province du Soum, après que leur convoi a sauté sur une mine.


28 septembre 2017 :
attaque de la gendarmerie de Toéni, région de la Boucle du Mouhoun (Ouest). A Djibo, province du Soum, un conseiller municipal soupçonné d’être lié aux groupes terroristes est abattu par les forces de sécurité. A Touronata, province du Soum, quatre individus sont tués par des hommes en uniforme.


2 octobre 2017 : Attaque de la brigade de gendarmerie de Nassoumbou, province du Soum, faisant des dégâts matériels mais aucune victime.


4 octobre 2017 : attaque d’une caserne de gendarmerie à Inata, province du Soum.


Les facteurs causant le terrorisme :

  •  Le chômage et la pauvreté : jeunes diplômés oisifs
  •  L’absence de l’autorité de l’État au Sahel ;
  •  La marginalisation, la discrimination sociale ;
  •  Les médias jouent le jeu des terroriste sans le savoir ;
  •  Les réseaux sociaux : un canal de recrutement,
  •  L’absence des sensibilisations : beaucoup de nos frères ont tendance à assimiler le terrorisme et l’islam.


Les moyens de résilience :

  • - La question militaire, plutôt prévenir que guérir
  • - Opter pour de vrai politique de développement et d’emploi au sahel ;
  • - La sensibilisation, travailler à promouvoir le vivre ensemble ;
  • - Education aux médias.


Questions / Réponses


Pourquoi le Burkina a été longtemps épargné par les terroristes ?


Sous le pouvoir de l’ancien Président Blaise Compaoré, le Burkina était une zone de repli des terroristes.En effet, ce pouvoir offrait gite et couvert à ces terroristes et en contrepartie le pays était épargné.Le Burkina était médiateur pour la libération des otages.


Le terrorisme est-il égal au djihadisme ?


Ce sont deux notions différentes. Le djihadisme est une guerre de conquête de ce que l’Islam à appeler entre temps pour la conversion des incroyants.


Tous les terroristes sont-ils musulmans ?


Beaucoup de terroristes se réclament de la religion islamique mais de là à dire que tous les terroristes sont des musulmans je ne saurai le dire.
Le putsch manqué de septembre 2015 est-il un acte terroriste ?
Non c’est plutôt un conflit politique. On peut l’appeler trouble à l’ordre public et à la paix.


Que recherchent les terroristes au Burkina Faso ?


Ils n’ont plus d’intérêts avec le Burkina Faso, la perte des avantages, zone du Sahel a toujours été une zone de transit.


Dans la lutte contre le terrorisme, pourquoi n’envoie-t-on pas des soldats plus expérimentés ?


Notre armée est jeune. De plus le problème n’est pas l’âge mais plutôt l’expérience alors qu’il n’était pas préparer à cette éventualité.


Quelles sont les mesures prises par l’église catholique pour la sécurité de ses serviteurs au Sahel ?


Je ne saurai quoi dire mais étant donné que l’Eglise vit dans une communauté, elle se range sur la décision des dirigeants.


Comment avez-vous trouvé la communication du gouvernement sur la question terroriste ?


Une mauvaise communication. L’action est préférable aux paroles.


La psychologie du terroriste ?


L’homme est le résultat de l’éducation qu’il reçoit.




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